Le risque de change : comment le dollar influence vos placements
Pourquoi le taux de change peut multiplier ou effacer vos gains, avec des exemples concrets, et comment le mesurer.
22 oct. 2026 · 4 min de lecture
Beaucoup d'investisseurs achètent des actions américaines et suivent leur résultat en dollars. Mais ils dépensent en euros, en francs suisses ou en dollars canadiens. Entre les deux se trouve un facteur qui peut tout changer : le taux de change. C'est ce qu'on appelle le risque de change.
L'idée en un exemple
Imaginez Sophie, qui vit à Lyon. En début d'année, elle achète un ETF d'actions américaines pour 1 000 dollars, alors qu'un euro vaut 1,10 dollar. En euros, elle a investi environ 909 €.
En fin d'année, deux choses se produisent :
- L'ETF prend 10 % : il vaut maintenant 1 100 dollars.
- L'euro se renforce : un euro vaut désormais 1,25 dollar.
Combien vaut son placement en euros ? 1 100 ÷ 1,25 = 880 €. Bien que l'ETF ait pris 10 %, Sophie a perdu environ 3 % dans sa devise.
Prenons maintenant le cas inverse. Mateo vit à Bogotá et fait la même chose, mais dans son cas le peso colombien perd 15 % de sa valeur dans l'année. Son ETF prend 10 % en dollars et, une fois converti, il gagne nettement plus de 10 % en pesos colombiens.
Les chiffres de ces exemples sont donnés à titre d'illustration. La leçon est claire : votre rendement réel est le rendement de l'actif plus (ou moins) le mouvement de la devise.
La formule intuitive
Sans entrer dans des calculs exacts, une bonne approximation est :
Rendement dans votre devise ≈ rendement de l'actif dans sa devise + variation de cette devise par rapport à la vôtre
Si le dollar se renforce face à votre devise, vos actifs en dollars gagnent un supplément. S'il s'affaiblit, ils perdent une partie de leurs gains.
Le risque de change est-il mauvais ?
Pas forcément. Il a deux faces :
Comme risque : il ajoute de la volatilité. Un actif calme dans sa devise peut sembler très agité vu depuis la vôtre.
Comme protection : dans de nombreuses économies, la devise locale se déprécie justement en période de crise. Dans ces moments-là, détenir des actifs en dollars, en francs suisses ou en yens amortit le choc. C'est une forme de diversification en soi : votre portefeuille ne dépend plus seulement de la santé de votre économie.
Pour quelqu'un qui vit en Argentine, par exemple, investir dans des actifs d'autres pays a historiquement été un moyen de protéger son pouvoir d'achat face à l'inflation locale.
Des devises qui évoluent ensemble
Lors des périodes de tension mondiale, les devises émergentes ont tendance à se déprécier en même temps : le réal brésilien, le peso mexicain, le rand sud-africain, la livre turque. Détenir des actions de plusieurs pays émergents ne diversifie donc pas autant le risque de change qu'on pourrait le croire : leurs devises risquent de baisser ensemble.
Les devises considérées comme « refuges », comme le dollar, le franc suisse ou le yen, ont tendance à se comporter différemment. C'est pourquoi un portefeuille qui mélange des devises de différentes régions est généralement plus stable.
Comment nous le mesurons dans l'optimiseur
Lorsque vous choisissez votre devise de référence (EUR, USD, MXN, BRL, CLP, COP, PEN ou ARS), l'outil procède ainsi :
- Il prend le cours de chaque actif dans sa devise locale (yens, euros, réals…).
- Il le convertit dans votre devise au taux de change de chaque jour.
- Il calcule les rendements, la volatilité, les corrélations et le portefeuille optimal à partir de ces cours convertis.
Le risque de change fait ainsi partie intégrante du calcul. Dans la section exposition, vous verrez aussi quelle part de votre portefeuille dépend de chaque devise, avec une alerte si plus de 70 % dépend d'une seule devise différente de la vôtre.
Une expérience révélatrice
Essayez ceci dans l'optimiseur :
- Chargez l'exemple « Mondial diversifié ».
- Lancez le calcul en USD et notez la volatilité et le rendement.
- Passez la devise de référence en EUR et recalculez.
Vous verrez que les chiffres changent, parfois beaucoup. Même les poids optimaux peuvent être différents : un actif qui semblait risqué en dollars peut paraître plus stable vu depuis l'euro, et inversement.
Peut-on couvrir le risque de change ?
Il existe des instruments pour « couvrir » la devise, comme certains ETF couverts (currency hedged, souvent signalés « EUR Hedged ») ou des contrats à terme. Mais ils ont un coût et ajoutent de la complexité ; pour la plupart des investisseurs à long terme, diversifier entre plusieurs devises est une alternative plus simple.
Questions fréquentes
Faut-il tout mesurer en dollars ? Mieux vaut mesurer dans la devise dans laquelle vous dépenserez l'argent. Si vos objectifs sont en euros, mesurez en euros.
Et si je suis payé en dollars ? Votre devise de référence naturelle est alors le dollar, et le risque de change porte sur les actifs des autres pays.
Le taux de change utilisé est-il le taux officiel ? Nous utilisons le taux de référence publié par notre fournisseur de données. Dans les pays où coexistent plusieurs taux, comme l'Argentine, il peut différer de celui que vous obtenez en pratique.
En résumé
Le taux de change peut beaucoup ajouter ou retrancher à vos placements internationaux. Ce n'est pas un ennemi : il protège aussi quand votre devise s'affaiblit. L'essentiel est de le mesurer dans votre devise et de ne pas tout faire dépendre d'une seule. Testez votre portefeuille dans votre devise et voyez la différence.
Essayez avec vos propres actifs
Composez une liste et découvrez le portefeuille calculé par le modèle, dans votre devise.
Avertissement : Outil pédagogique et de simulation. Il ne constitue ni un conseil en investissement ni une recommandation personnalisée. Les performances passées ne préjugent pas des performances futures.